Première Bac Pro : Hommes et femmes au travail en métropole et dans les colonies françaises - 3, le travail dans les colonies

Publié le par Claude Keryhuel

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"Dix-sept mille morts, sous les coups de la meute hystérique des contremaîtres européens et de leurs tirailleurs sénégalais, eux-mêmes exténués par les épidémies", écrivait Albert Londres dans son livre Terre d’Ebène paru en 1929 sur l’Afrique coloniale, et notamment sur le travail forcé utilisé pour la construction du train Congo-Océan. Le train est construit de 1921 à 1934. Les difficultés du chantier nécessitent une abondante main d'œuvre. Les responsables de la construction vont réquisitionner celle-ci jusqu'au Tchad. La voie de chermin de fer est finalement construite, mais au prix de plusieurs milliers de victimes travaillant dans les conditions abominables décrites par Albert Londres. 

Si officiellement l’esclavage était interdit, le "travail forcé" était lui légal dans les années 20. "L’esclave est le bien de son maître. Le travailleur forcé, lui, reste libre en droit. Cela dit, dans les faits, les travailleurs forcés sont réquisitionnés et maintenus au travail sous la contrainte. Ils ne touchent aucun salaire et doivent être nourris par les populations des villages qu’ils traversent. Il existe certes des formes de compensation : on donne par exemple au travailleur du sel ou du tissu. Mais ces rétributions restent tellement en dessous de la valeur du travail fourni, qu’on ne peut appeler cela un salaire. Et, bien sûr, les travailleurs forcés, comme les esclaves, sont encadrés par des forces de l’ordre, des milices africaines recrutées sur le territoire même et commandées par des Européens", explique l'historien congolais Elikia M’Bokolo dans la revue Histoire

Le développement du travail forcé a suivi les étapes de la colonisation. Au départ "il s’agit de travaux d’utilité publique : il faut construire des routes et des équipements, porter les affaires des troupes et des administrations coloniales qui conquièrent de nouveaux espaces. A mesure que la colonisation avance, on réquisitionne des hommes dans les villages, en privilégiant les plus vigoureux", explique Elikia M’Bokolo.

L'un des premiers labeurs imposés aux habitants des colonies d'Afrique de l'Ouest fut le portage. La progression dans les terres des colons nécessite du matériel transporté à dos d'hommes réquisitionnés, avec des coûts humains importants. "Dans les premiers temps de la colonisation, le recours au travail forcé fut massif. Il s'agissait de trouver la main d'œuvre nécessaire pour les grands chantiers, ponts, ports, routes, chemins de fer, etc. Les populations furent bien souvent victimes de razzias, capturées parfois au lasso, et déportées dans certains cas sur des centaines, voire des milliers de kilomètres", rapporte l'historienne Catherine Coquery-Vidrovitch. (source : FranceinfoTV)

Questions : 

  1. Quelle différence fait-on entre esclavage et travail forcé ?
  2. Citez au moins un type de travail forcé : 

 

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