Catastrophe de Fukushima

Publié le par Claude Keryhuel

Catastrophe de Fukushima

Même s'il ne fait plus aujourd'hui l'actualité, la succession des événements qui ont causé le 11 mars 2011 l'accident nucléaire dans la centrale de Fukushima, au Japon, mérite qu'on observe de plus près son mécanisme. C'est un malheureux mais parfait exemple du 3ème point du programme de géographie de CAP, les sociétés face aux risques.

Cet événement dramatique a en effet pour origine un séisme (ou tremblement de terre) ayant entraîné un Tsunami (ou raz-de-marée) qui a frappé la côte japonaise et plus précisément, la centrale nucléaire de Fukushima, provoquant un accident nucléaire majeur.

En suivant ce lien, vous pourrez suivre une animation très bien faite sur la succession d'événements survenus dans cette centrale nucléaire.

La bonne compréhension des événements ayant entraîné cette catastrophe vous permettra de mieux répondre aux exigences de la constitution d'un dossier de CCF, tant au moment de votre démostration que lors des questions que nous serons appelés à vous poser.

En plus des pages du manuel de cours (Nathan Technique, Tome unique CAP, page 91 pour le Français ; page 256 pour la géo), vous étudierez la saisissante description des dégats faite ci-dessous par l'écrivain Mickaël Ferrier dans Fukushima, récit d'un désastre. Ce texte donne l'occasion d'étudier la richesse des champs lexicaux adaptés au récit.

Mickaël Ferrier, Fukushima, 2012

 

Les dégâts après le Tsunami (extrait n°1)

“Et soudain, passé la courbe d’un virage, au détour de la route, le désastre nous prend. Tout à coup, il n’y a plus rien. Ni arbres, ni maisons, ni jardins. Ni routes, ni immeubles, ni collines. Une masse de débris innombrables ondule à perte de vue. […] Le regard ne rencontre plus rien que des débris, peine à donner un sens, une forme à ces lambeaux de tout et de rien. C’est une immense coulée brune. Un cauchemar marron… C’est un tapis de débris. Des kilomètres et des kilomètres de gravats. Tout est aplati, aplani, rasé, arasé…

Les lourds blocs de béton qui formaient la base des quais, soulevés et rejetés à plusieurs mètres, les immeubles et les maisons engloutis par la violence du flot, les bateaux franchissant les môles et venant s’écraser sur les murs ou se percher sur les toits, à la cime d’un arbre ou dans la douceur dévastée d’un jardin, sont autant de fables pour qui n’a pas vu ce paysage de décombres et de fange que le spectateur lui-même est tenté de prendre pour une violente hallucination.

Partout des fils, des poteaux électriques emportés et brisés, des tuyaux enchevêtrés d’algues. Le paysage n’a plus rien d’humain ni de naturel…

Les voies ferrées ont été tordues par la puissance de l’eau : plus d’un mois après le séisme, des trains sont toujours plantés au milieu de la voie, quand il ne sont pas encastrés dans un mur. Il y a aussi des empilements de cars, des bateaux la quille en l’air sur les routes et des voitures éparpillées dans la boue. Les voitures de riches et les voitures de pauves, les camions, les fourgons, les voiturettes : toutes passées au rouleau compresseur liquide…

Tous les moyens de transport ont été arrachés à leur élément naturel (autos sur l’eau, trains en l’air, navires un peu partout) et redistribués au hasard comme un gigantesque puzzle délirant…

C’est la nuit, nous arrivons dans une ville où ne rôde même plus un chien, où il n’y a pas d’oiseaux. Où se poseraient-ils dans cet immense désastre. […]

Plus de vingt mille personnes sont mortes ou portées disparues. A Natori, on retrouvera huit cent vingt corps éparpillés, certains coincés dans les branches supérieures des arbres.

Quatre-vint-quinze mille bâtiments ont été engloutis par les flots ou dans les incendies qui ont suivi. Le Tsunami a emporté des dizaines de hameaux et de villages, et seize grandes villes. Certaines ont purement et simplement disparu.”

Le site de la centrale de Fukushima (extrait n°2)
Maintenant, la centrale est le symbole de ce qu’il n’aurait jamais fallu laisser faire. Elle n’abrite plus seulement des ouvriers ou des techniciens mais des soldats gantés, bottés, casqués, masqués, vêtus des pieds à la tête de combinaison de combat. Elle est un monstre, qui cache en permanence son haleine motelle, ses humeurs, à l’air libre, dans l‘océan comme dans le sol… Elle est maudite dans la terre, dans le ciel et dans la mer…
Pour qui a vu Fukushima à ce moment-là, il est évident que c’est une zone de guerre. Le mot n’est pas trop fort. Non seulement parce que l’armée a bien été déployée en masse dans les zones sinistrées et dans les environs de la centrale. Mais surtout parce que chacun, quels que soient son âge, son sexe, sa condition sociale, son rang ou sa mission -soldats, infirmière, pompier, journaliste- se retrouve soudain dans une zone de combat.
C’est la guerre. On parle des “opérations” -terme à la fois chirurgical et militaire- et de la nécessaire “reconquête” de ces réacteurs…

La nourriture (extrait n°3)
Maintenant on trouve de la radioactivité à un taux anormalement élevé partout et parfois très loin du site de la centrale : dans le thé, dans l’herbe, le lait, les abricots, les pousses de bambou… Certains aliments sont particulièrement touchés, comme les champignons…
On se méfie aussi des légumes vert à feuilles : plus les feuilles sont larges, plus elles constituent le réceptacle idéal pour les radionucléides qui, au gré des pluies et des vents, viennent s’y déposer. Très rapidement, la contamination atteint les salades, les brocolis ou les choux, les poireaux et surtout les épinards, qui atteignent des niveaux faramineux…
Les produits de la mer sont également touchés par les rejets : poissons, crustacés, algues, mollusques… Une tragédie pour ce peuple qui est le plus important mangeur de poisson dans le monde.
Pendant un moment, l’eau du robinet est même interdite à Tokyo. L’eau passe encore. Mais le saké ! Pour cette année, la récolte est déjà mise en bouteille. Mais pour l’an prochain : les sources d’eau vont être contaminées, et le riz…Imagine une explosion nucléaire en plein milieu du Bordelais !

 

Travail demandé : cherchez et caractérisez les principaux champs lexicaux qui ressortent des ces extraits. Quels sentiments créent-ils chez le lecteur ?

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